Sepp Blatter critique vivement la FIFA après la levée de la suspension de Folarin Balogun avant le huitième de finale du Mondial. L’ancien président dénonce une possible influence politique.

Dans un message particulièrement incisif publié sur les réseaux sociaux, le dirigeant suisse dénonce ce qu’il considère comme une remise en cause des principes fondamentaux de la gouvernance du football international.

Sepp Blatter s’en prend à Gianni Infantino

À 90 ans, Sepp Blatter n’a rien perdu de son franc-parler. Président de la FIFA entre 1998 et 2015, il a publiquement critiqué son successeur, Gianni Infantino, après que l’organisation a autorisé Folarin Balogun à disputer le match à élimination directe contre la Belgique.

L’ancien dirigeant estime que cette décision soulève de sérieuses interrogations sur l’indépendance de la FIFA. Dans son message publié sur X, il rappelle que les procédures disciplinaires doivent reposer exclusivement sur les règlements sportifs.

« Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants », a-t-il écrit, remettant en cause le processus ayant conduit à cette décision.

Des soupçons d’intervention politique

Les critiques de Sepp Blatter interviennent après plusieurs révélations relayées par des médias américains. Selon ces informations, le président des États-Unis, Donald Trump, aurait personnellement contacté Gianni Infantino afin de plaider en faveur de l’attaquant de l’AS Monaco.

Ces affirmations n’ont pas laissé l’ancien patron de la FIFA indifférent. Pour lui, une telle situation constituerait une dangereuse confusion entre le pouvoir politique et les institutions sportives.

« Le football ne doit jamais devenir un terrain de jeu pour le pouvoir politique », a insisté Sepp Blatter, accompagnant sa publication des hashtags #GianniInfantino et #DonaldTrump, laissant clairement entendre les personnalités qu’il vise.

« Quo vadis FIFA ? »

Dans une seconde partie de son message, l’ancien président de la FIFA a exprimé son inquiétude quant à l’image de l’organisation internationale.

« Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la FIFA – et qu’un joueur est soudainement blanchi avant un match à élimination directe de la Coupe du monde –, la question est inévitable : Quo vadis FIFA ? (Où vas-tu, FIFA ?) », a-t-il déclaré.

Par cette formule latine, Sepp Blatter interroge directement la direction prise par la gouvernance du football mondial. Selon lui, toute décision susceptible d’être influencée par des considérations extérieures au sport risque d’affaiblir la crédibilité des compétitions internationales.

Une polémique qui ne cesse de grandir

La levée de la suspension de Folarin Balogun intervient dans un contexte déjà particulièrement tendu autour de cette édition de la Coupe du monde.

La rapidité avec laquelle la décision a été prise alimente les interrogations de nombreux observateurs. L’attaquant américain, initialement suspendu, est finalement autorisé à participer au huitième de finale contre la Belgique, une rencontre décisive dans la course au titre mondial.

Ce revirement continue d’alimenter les débats parmi les acteurs du football et les supporters. La fédération belge n’a d’ailleurs pas tardé à réagir en contestant officiellement la décision prise par la FIFA.

Son recours témoigne de la sensibilité de cette affaire, qui dépasse désormais le simple cadre sportif.

Des critiques déjà anciennes envers le Mondial 2026

Cette sortie médiatique n’est pas la première de Sepp Blatter au sujet de cette Coupe du monde. Ces derniers mois, il avait déjà exprimé de fortes réserves sur l’organisation du tournoi et sur le rôle que pourrait y jouer Donald Trump.

L’ancien dirigeant avait notamment estimé que le président américain chercherait à transformer la compétition en une vaste opération de communication politique.

Les événements entourant Folarin Balogun semblent aujourd’hui renforcer, à ses yeux, les inquiétudes qu’il exprimait déjà. Au-delà du cas individuel de l’attaquant américain, cette controverse relance un débat plus large sur l’indépendance des institutions sportives face aux influences politiques.

Alors que la Belgique poursuit ses démarches pour faire réexaminer la décision, la FIFA se retrouve sous pression pour démontrer que ses procédures disciplinaires restent guidées uniquement par les règles du jeu et non par des interventions extérieures.

L’évolution de ce dossier pourrait ainsi avoir des conséquences bien au-delà du seul huitième de finale de la Coupe du monde.