Claude Le Roy critique avec virulence la décision de la CAF de désigner le Maroc champion de la CAN 2025 sur tapis vert. L’ancien sélectionneur dénonce des irrégularités et une gouvernance contestée.
La décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer le titre de champion d’Afrique 2025 au Maroc sur tapis vert continue de provoquer une onde de choc dans le monde du football.
Claude Le Roy ne cache pas sa stupéfaction
Habitué des grandes compétitions africaines, Claude Le Roy affirme n’avoir jamais imaginé un tel scénario.
Présent au bord de la pelouse lors de la finale en qualité de consultant pour Canal+, le technicien français estime que la décision prise plusieurs semaines après le match dépasse tout ce qu’il pensait possible.
« Je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF allait pouvoir aller aussi loin dans le grand-guignolesque », a-t-il déclaré sur la chaîne L’Équipe.
S’il reconnaît que le Maroc a réalisé une compétition de très haut niveau, il considère néanmoins que le verdict du terrain lors de la finale ne souffrait d’aucune contestation.
« L’équipe avait fait une superbe CAN et méritait sur la Coupe d’Afrique de gagner, mais sur la finale, c’est le Sénégal qui avait été meilleur. Personne ne pouvait imaginer qu’on allait, deux mois après, entendre une telle déclaration. Ça ne paraît pas possible. »
Une charge contre la gouvernance de la CAF
Au-delà du résultat final, Claude Le Roy remet directement en cause le fonctionnement de la Confédération africaine de football. Selon lui, cette affaire illustre des dysfonctionnements qui affectent l’institution depuis plusieurs années.
L’ancien sélectionneur pointe notamment du doigt son président, Patrice Motsepe, qu’il accuse d’avoir voulu favoriser le Maroc dès le début de la compétition.
Cette critique s’inscrit dans un discours plus large sur la gouvernance du football africain, que Le Roy juge de plus en plus éloignée des principes d’équité sportive.
Gianni Infantino également visé
Dans son intervention, Claude Le Roy ne limite pas ses critiques à la CAF. Il met également en cause le président de la FIFA, Gianni Infantino, qu’il accuse d’exercer une influence excessive sur les affaires du football africain.
« Cela fait des années que toutes les décisions sont bafouées par la CAF », a-t-il regretté. Avant de poursuivre avec une comparaison particulièrement marquante : « Moi, je mets en exergue très souvent le comportement de M. Infantino qui se considère comme le Trump du football africain. C’est-à-dire qu’il a tous les droits, qu’il dirige les phases finales. Est-ce qu’on peut imaginer le voir diriger une finale de l’Euro au détriment du président de l’UEFA ? Non. En Afrique, il se permet tout. »
« Il y a eu plein de magouilles »
Le passage le plus remarqué de son intervention reste toutefois celui où Claude Le Roy évoque de possibles manœuvres ayant conduit au changement de vainqueur.
« Je pense que derrière tout ça, il y a eu plein de magouilles, plein de tambouille — on est en pleine période électorale — pour décider in fine que le Maroc est champion. Je pense que tout cela n’est pas terminé, que le Sénégal rentrera dans ses droits à la fin de cette histoire. Mais c’est pitoyable pour l’image que donne encore la Confédération africaine de football. »
Pour l’ancien technicien, cette décision risque de fragiliser davantage la réputation de la CAF sur la scène internationale. Il estime même que cette affaire « va faire rire toute la planète du football », soulignant l’impact médiatique d’un tel revirement.
Samir Nasri partage son incompréhension
Sur le plateau de Canal+, l’ancien international français Samir Nasri s’est lui aussi montré très critique face à la décision de la CAF. Selon lui, si une telle mesure devait être prise, elle aurait dû intervenir immédiatement après la rencontre et non plusieurs semaines plus tard.
« S’ils avaient fait ce communiqué le soir du match ou le lendemain, on aurait pu comprendre. La prochaine fois, il faut mieux le faire en 2035. C’est n’importe quoi. Les Sénégalais sont rentrés chez eux avec la Coupe, ils ont célébré, ils ont fait la fête. Et là, qu’est-ce qu’on fait ? On leur enlève la Coupe, on la donne au Maroc. Peut-être qu’Hakimi devrait partir et faire un défilé dans les rues du Maroc pour célébrer cette victoire. Ça décrédibilise la CAF encore une fois. »
Une polémique aux conséquences durables
Cette controverse dépasse désormais le cadre sportif. En remettant en cause le résultat d’une finale plusieurs semaines après son déroulement, la CAF s’expose à une crise de confiance qui pourrait laisser des traces durables.
Les réactions de Claude Le Roy et de Samir Nasri illustrent le malaise suscité par cette décision auprès de nombreuses personnalités du football.
Alors que le débat continue d’animer les observateurs du continent et au-delà, cette affaire soulève une question essentielle : celle de la crédibilité des institutions chargées de garantir l’intégrité des compétitions africaines.
Les prochaines prises de position de la CAF et les éventuels recours pourraient désormais être déterminants pour refermer un dossier qui continue d’alimenter les discussions dans le monde du football.




