Rodrigue Kuere Nounawe remporte la 1ère étape du Tour cycliste du Cameroun 2026 et enfile le maillot jaune à Maroua. Récit complet.
Le cyclisme camerounais tenait son rendez-vous, et il n’a pas déçu. Le 3 juin 2026, le coup d’envoi de la 22e édition du Tour cycliste international du Cameroun a offert aux amateurs de petite reine un scénario en or : un coureur local s’emparant du maillot de leader dès la première étape, sous les yeux d’un ministre visiblement conquis.
Une première étape à couper le souffle dans l’Extrême-Nord
C’est sur les routes de l’Extrême-Nord que tout a commencé, avec un tracé Maroua-Mora-Maroua long de 124,6 kilomètres, exigeant autant en distance qu’en intensité.
Au terme de cette première confrontation, c’est Rodrigue Eric Kuere Nounawe qui a franchi la ligne en tête, bouclant le parcours en 2h59. Mais la course s’est jouée à l’arrachée.
Le Camerounais n’a devancé le Rwandais Masengesho Vainqueur et l’Allemand Sharroi Leo que d’un souffle, les trois hommes étant crédités du même temps officiel à l’arrivée.
Un sprint final qui aura tenu en haleine tous ceux venus assister à cette ouverture de saison, et qui donne d’ores et déjà le ton d’une édition 2026 qui s’annonce disputée jusqu’au bout.
Maroua en fête, le peloton porté par la ferveur populaire
Au-delà du chrono et du classement, cette première étape restera surtout marquée par l’ambiance qui a accompagné le peloton tout au long du parcours.
Sur les bas-côtés, les populations de la région se sont massées pour saluer le passage des coureurs, transformant chaque kilomètre en un véritable bain de foule.
Chants, applaudissements et encouragements ont rythmé cette journée, rappelant à quel point le cyclisme reste un sport profondément populaire dans cette partie du pays.
Cette communion entre les athlètes et le public local a offert un décor à la hauteur de l’événement, confirmant que le Tour du Cameroun ne se limite jamais à une simple compétition sportive : c’est aussi, à chaque édition, une fête qui traverse les régions traversées.
Un ministre conquis, un vainqueur sous le feu des projecteurs
À l’arrivée, l’euphorie n’était pas seulement du côté des supporters. Narcisse Mouelle Kombi, ministre camerounais des Sports et de l’Éducation physique, avait fait le déplacement jusqu’à Maroua et n’a pas caché sa satisfaction de voir un compatriote s’imposer dès l’ouverture de cette 22e édition.
Un symbole fort pour une compétition qui tient à afficher les couleurs du cyclisme national dès ses premiers tours de roue.
De son côté, le nouveau porteur du maillot jaune est resté mesuré face aux journalistes, saluant simplement une étape disputée dans de bonnes conditions et sans incident majeur à déplorer.
Une sobriété qui tranche avec l’exploit réalisé, mais qui traduit aussi la conscience qu’a Kuere Nounawe du chemin qu’il reste à parcourir.
La cérémonie protocolaire, organisée à la place des fêtes de Maroua, a permis de clôturer cette première journée en beauté, prolongeant jusqu’au soir l’ambiance festive qui aura caractérisé cette entrée en matière.
Le maillot jaune, un statut à défendre
Cette victoire d’étape n’est pas une fin en soi : elle propulse surtout Rodrigue Kuere Nounawe au rang de leader officiel de la course, avec tout ce que ce statut implique de pression et d’attentes pour la suite.
Car si triompher lors d’une première étape est une chose, conserver le maillot jaune sur la durée d’un Tour en est une autre, particulièrement face à une concurrence internationale qui n’aura de cesse de vouloir reprendre la main.
Le Rwandais et l’Allemand du podium inaugural, tous deux à égalité de temps avec le vainqueur, rappellent d’ailleurs que la marge de manœuvre reste extrêmement fine.
La suite du Tour s’annonce donc comme un test de résistance autant physique que mental pour le nouveau leader camerounais.
Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse la simple performance individuelle : conserver le maillot jaune le plus longtemps possible serait une manière forte d’affirmer la vitalité du cyclisme national sur son propre sol.
Les prochaines étapes diront si Kuere Nounawe a l’étoffe pour tenir ce rôle jusqu’au bout, ou si la concurrence viendra rapidement lui rappeler la difficulté de l’exercice.
Une chose est certaine : cette 22e édition démarre sur les chapeaux de roue, et tous les regards resteront désormais braqués sur ce maillot jaune camerounais, symbole d’une ambition qui ne demande qu’à se confirmer.




